Le Grand Gaspillage
Merci M Jacques Marseille d’avoir pris le temps et d’avoir eu le talent de ce titre taillé sur mesure…
Parlons donc gaspillage, et pas grappillage! En cette période verte où chacun y va de sa petite note écologique, qui sur les vertus de la marche à pieds, du vélo ou des transports en commun, qui sur la beauté du recyclage, en cette période noire d’assiettes vides pour les uns, de frigos trop plein pour les autres, en ces périodes troubles j’aurais pu vous parler d’écologie ou de faim dans le monde…
Que nenni! Il est des sujets beaucoup plus importants (mince, ma déclaration de revenu 2007), beaucoup plus fondamentaux, des gaspillages colossaux, incommensurables (pas trouvé plus long dans le dictionnaire
), des gaspillages qui, quelque part m’attristent un peu, me font parfois douter de l’homme et de sa valeur.
Le Talent.
Que n’avez-vous vu de talent gaspillé, de personne dotée d’un don magnifique, miraculeux et qui ne l’utilise pas, qui, a n’en pas user abuse des bontés de la nature, trompe le destin, .
L’art, l’écriture ou la cuisine qu’ils subliment en arts d’ailleurs, échantillons de domaine qu’ils transfigurent… transfigureraient en fait … Si seulement leur talent n’était pas contenu, confiné, à l’abri de l’œil parfois critique, plus souvent admiratif et généralement transporté.
Timidité, peur de l’échec, modestie exacerbée, autant de mauvaises excuses qui nous privent de leurs œuvres. Parfois, par hasard, par erreur, un blog leur ouvre sa fenêtre sur le monde, et la magie opère, l’image transcende, enivre, l’écrit transporte, envoûte, le talent se matérialise, nous illumine, pare nos visages d’un doux sourire, parfois seulement le talent nous rassasie…
Le Temps
Il ne suspens pas son vol, nous le savons, nous en sommes maître! Oh certes nous ne pouvons l’arrêter mais nous pouvons le diriger, nous pouvons lui demander de nous porter vers des émotions, des êtres chers, des découvertes, des passions, des rencontres, des sentiments, vers la vie.
Nous pouvons également le laisser nous guider, nous enfermer dans la routine, la monotonie, le train-train, l’abdication, la perte de soi, la dilution dans les autres, cette petite mort où seul notre corps a survécu, où notre âme a capitulé.
Que de temps gaspillé en fausses excuses, en renoncement, en petite vie, en atermoiement, en questionnement.
Toujours cette peur de l’échec, cette timidité, ce manque de confiance en soi, en les autres.
Que de vies qui s’étiolent, s’enlisent, que de gaspillage de cette matière unique, précieuse et volatile partout présente mais insaisissable, que de plaisirs inachevés, que de kilomètres parcourus sans destinations, vains …
Le Grand Gaspillage, le notre!
Notre petitesse face aux décisions qui comptent, nos grands chemins que, comme des bandits, nous massacrons pour nous contenter de petits sentiers qui ne mènent nulle part.
En prendre conscience…
Peut-être un pas dans la bonne direction, un pied qui hésite, entraîné par l’élan de l’habitude, mais qui déjà attend la prochaine croisée des chemins, pour choisir, pour vivre, enfin …
