Cahier de Pensées

1 février 2008

Les clefs du coeur

Classé dans : Mes Elucubrations — switthing @ 22:52

Le trousseau de clefs était là, depuis bientôt deux mois il était posé sur ma commode.

Un petit peu trophée mais surtout relique. Un objet qu’elle avait eu en sa possession, qu’elle manipulait tous les jours, qu’elle emmenait partout avec elle. Enfin plus vraiment, depuis que notre cher fournisseur d’énergie nationale ait eu besoin d’accéder à son appartement et qu’elle ne soit pas disponible. Les clefs atterrissent chez la concierge puis chez moi, pour faire visiter les deux appartements en même temps, et y restent…

Déjà deux moi que j’hésite à franchir le pas.

Elle sait que je tiens à elle, enfin j’espère. Nos soirées, nos sorties, sont autant de parties de rigolade, d’occasions de se frôler, de se caresser. Elle m’a fait revivre, tout le monde me trouve changé, même mes potes, même mes collègues de bureau.

Et c’est bien là qu’est le problème, je ne veux pas la perdre. Un geste inconsidéré et je risque de tout foutre en l’air. J’ai l’impression qu’elle tient à moi, son sourire quand elle me voit, son rire sur mes blagues les plus nulles, son air triste quand il faut se quitter, nos longues heures passées au téléphone,autant de signe que je ne veux voir, que je ne veux croire.

Si je me lance et qu’elle ne me voit que comme un simple copain une passade c’est la catastrophe, je ne pourrais plus vivre sans cette complicité qui s’est installée entre nous.

Si je ne me lance pas je suis fini aussi. J’ai envie de plus d’elle, j’ai besoin de plus d’elle. De sa tête sur mon épaule au réveil, de son sourire au petit déjeuner, de ses pieds froids qui cherchent la chaleur, de sa main dans la mienne en promenade, de son murmure dans mon oreille au cinéma, de mes mains dans ses cheveux, de ma bouche contre sa peau, de ses bras autour de mon cou, de nos fous rires inopinés, des son avis pour mes chemises, le futur passe par elle, elle est mon futur.

Le trousseau de clefs était là, depuis bientôt deux mois il était posé sur ma commode, et ce soir j’allais m’en servir. L’envie me torturait depuis déjà quelques jours, et ce soir j’ai décidé de franchir le rubicon. Pourquoi ce soir, je ne sais, mais ce soir se sera.

Tout d’abord un petit peu de mise en scène, il pleut, j’ai laissé ma fenêtre ouverte, ma chambre est inondée. Bon, moi un peu aussi car j’ai laissé échapper la bassine d’eau en rentrant dans ma chambre et je suis tout trempé. Si elle me demande ce qui se passe je lui dirais que je n’avais pas de lieu pour dormir et que j’ai pensé qu’elle pourrait m’héberger, en tout bien tout honneur (hum, mentir et parler d’honneur, mais bon, la faim, pardon, la fin justifie les moyens!) et qu’en plus j’ai crevé et dû changer ma roue sous la pluie.

Quand je suis sûr quelle est couchée je monte, je me glisse chez elle, me déshabille et me glisse à ses côtés. J’espère qu’elle aura son pyjama en pilou pilou; je l’adore, chaud et doux, pas autant que sa peau certes (doux!). Je veux qu’elle soit couchée pour ne pas voir son visage, la moindre hésitation dans son regard me ferait fuir, le noir est mon salut.

 

Plus de bruit, plus de lumière, je monte. Et m….e, pardon et Zut, M et Mme Georges qui me croisent dans l’escalier et qui me regarde mettre la clef dans la porte, la tournée, l’ouvrir, je leur fais un grand sourire et je me dépêche de refermer. Demain tout l’immeuble sera au courant de mon exploit ou de ma honte… cool! Pas de pression!!!

Le noir, comme prévu, sauf que comment je trouve sa chambre sans donner l’alerte et détruire sa collection d’estampes chinoises. Une table par là, un fauteuil par çi, je suis devant la porte. Je ferme les yeux, prends ma respiration et me lance.

Le plus naturellement possible je passe la porte, sans regarder le lit je me déshabille, je garde le caleçon ou pas… aller, il est parti rejoindre mes vêtements humides sur la chaise. Je m’approche du lit, elle me regarde, n’a rien dit, bon signe. Je soulève le drap et me glisse dans le lit, sans savoir comment mes bras l’enlacent et mes lèvres atterrissent délicatement sur son cou. Le pilou c’est bien, mais sa peau c’est mieux, je trouve le chemin des boutons lorsque nos lèvres se rencontrent….


2 commentaires »

  1. Si j’étais mauvaise langue, je dirais que vous êtes
    passé très vite de O à …Q sans passer par P : effet Gaz de France ?

    Je sais, c’est facile mais ça me fait rire…

    PS : vous auriez pu titrer votre billet “Les clefs du paradis”.

    Comment par B.A. — 4 février 2008 @ 9:00 | Répondre

  2. Très OQP? A partir de ce midi certes, mais de là à passer sur O, Q et P ily a un pas que je n’ai pas franchit…
    Ce texte est une pure invention, et n’est basée sur aucun fait existant ou ayant existé…
    6h19 était aussi une invention, basée sur un rendez-vous pour un petit déjeuner dans un bar, certes!
    ps: J’aime quand même bien les pyjamas en Pilou Pilou!

    Comment par switthing — 4 février 2008 @ 11:03 | Répondre


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