Cahier de Pensées

27 mars 2008

Chatte Bottée

Classé dans : Mes Elucubrations — switthing @ 23:40

Elle était là, à coté de moi, dans le noir. Nous avions commencé notre discussion en commentant le média devant nous, de fil en aiguille nous en étions arrivés à parler de nous, de nos envies, de nos fantasmes.

Cette pénombre, cette absence de regards direct, nous donnait une sorte de sécurité propice aux échanges les plus crus. Nos paroles entraînaient nos corps, nos mains, nos bouches dans l’exploration de nos plaisirs.

Petit à petit la lumière ce fit, nos couvertures maintenant à nos pieds nous étions assis pour notre petit déjeuner. Pour la première fois nous nous découvrions réellement. La chaleur de nos échanges jeta un froid, nous passions du virtuel au réel, comme si nos conversations n’étaient que le fruit de nos imaginations fertiles, comme si les mots s’étaient envolés. Elle était belle, majestueuse, MDB, Majestueuse De Beauté. Elle inspirait le respect, sans être hautaines, elle avait de l’humour, de la finesse, de l’intelligence, de la sensibilité sans sensiblerie, sûre d’elle mais faible aussi.

Nos boissons terminées nous nous levèrent pour nous dégourdir les jambes, un petit tour, un tendre bisou dans le cou et nous revoilà assis dans la pénombre. Notre discussion continue, sa maturité est éclatante, son analyse, son auto-dérision me laissent admiratif.
Sa vie n’a pas été simple, elle a fait ses choix, elle les a assumés, elle a choisi l’idéal contre le confort, elle sait ce qu’elle cherche, pas si cela existe ….
Elle a été meurtrie, par la bêtise, par l’égoïsme des hommes, Je voudrai la prendre dans mes bras, sa tête sur mon épaule, ma main dans ses cheveux, la consoler, sécher ses larmes, la faire sourire, la rassurer, son rêve a un futur.
Elle admire son père, a su garder sa proximité, sa fille est son trésor. Elle a de la chance, le sait, la cultive.

Je l’écoute, je bois ses paroles, j’ai succombé il y a bien longtemps. elle ne succombera pas, Je ne suis pas son style, je ne peux être son idéal.

Le commandant de bord a annoncé le début de la descente. Un dernier coca et déjà les hôtesses viennent ramasser nos couvertures. La piste, le débarquement, nous voilà dans l’aéroport, ma princesse est splendide, ses bottes, sa tenue, sa coiffure, sa démarche féline, tout me séduit.

Sa correspondance est annoncée, moins d’une demi-heure, il faut qu’elle parte, je lui vole un dernier bisou dans le cou, elle se retourne, franchit la porte et disparaît, à jamais je crois ….

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