La semaine dernière fût marquée (à mon échelle) par le décès de ma belle grand-mère, paix à son âme..
Âgée de 96 ans elle était en maison médicalisée depuis 6 ans et avait perdu la tête depuis bientôt 4 ans. Elle se voyait de nouveaux adolescente et ne reconnaissait plus son entourage, pas même ses enfants.
La cérémonie religieuse fût “triste”, n’étaient en effet présents dans l’église que la famille (22 personnes) et 5 amis. Si le prêtre était très bien, les textes choisis avec à propos, la faible affluence conférait à cette cérémonie un air d’inutilité, comme si son passage ici bas n’avait pas marqué, comme si il n’avait porté aucun fruit.
L’action combiné de l’age (à 96 ans elle a enterré la plupart de ses amis), de la maladie (difficile de passer du temps avec une personne qui ne vous reconnaît pas et se demande ce que vous lui voulez) et de la dispersion géographique des enfants (aucun n’habite ni ne travaille dans la région) a créer comme un vide autour d’elle. Une sphère qui s’est petit à petit vidée de ses occupants sans qu’aucun ne vienne y prendre place, une désertification lente.
Les fins de vie sont parfois difficile, lorsque la maladie, la vieillesse vous rattrapent, qu’elles vous vident et mettent toutes vos ressources, toute votre énergie sur un seule cause, survivre….
La vie s’en est allé, le temps glané est dévolu à de la figuration, de la présence, à temps partiel.
Ce temps vaut-il vraiment la peine d’être vécu…. Pas sûr ….
Il y a parfois l’espoir d’un amélioration, d’une éclaircie, ou la peur de partir, du voyage sans retour, des faux semblants, des excuses, pour ne pas admettre que le chemin touche à sa fin, que la randonnée fut belle, qu’il est enfin temps de ranger ses chaussures.
Comment garder cette lucidité, comment se rendre compte que de pentes douces en pentes douces nous sommes passés sous la ligne de flottaison, que nous ne sommes plus qu’un contenant vidé de sa substance, à qui faire confiance, comment garder les yeux ouverts, comment ne pas faire l’étape de trop, comment sortir avant que le monde ne vous quitte …